Le blog de Gilles Martin

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mercredi 13 juin 2007

V pour Vendeta

Vu ce 9 juillet " V pour Vendeta" Pas le temps d'être séduit. Pris peut-être à la gorge par le rythme effrené du film. V pour Vendeta est décevant parce qu'il tape dans la catégorie des sous-Matrix, normal puisque réalisé par ses auteurs. Le film se veut engagé mais donne dans le délire anar de droite. La rédemption vient d'un super-héros plus proche de l'aristo que du militant politique classique. Le film est un erzatz des thèses d'Orwell, mine de rien. Sauf que les gentils gagnent. On apprécie le fait que les médias, le pouvoir, l'économie et les intérêts financiers, sans oublier le complexe pharmaceutique semblent être de mèche pour imposer une belle dictature à l'anglaise. C'est joli de préciser qu'elle est de type capitaliste, cette dictature que V combat. Et voilà: on se sent conforté dans nos analyses mais à part ça ? La BD qui a inspiré le film prend ses racines dans l'ère Thatcher, ici les racines semblent tourner dans le vide. On n'y croit pas vraiment à cette dictature et finalement, le film non plus, on arrive pas trop à y croire. Dommage. Intérêt politique : 2/5 Intérêt historique : 0/5 Intérêt esthétique : 2/5 Scénario : 2/5

vendredi 1 juin 2007

Viva Zapata

Viva Zapata de Elia Kazan. Vu ce film le 29 mai 2007 Film splendide ! On est étonné par l’acuité politique du film. Brando y est impeccable et y on découvre quelques scènes d’anthologie. En particulier les derniers discours de Zapata avant de mourir « Un peuple fort n’a pas besoin d’un homme fort ! » On est droit d’être surpris par les accents plutôt libertaires du film ! A l’époque (1953), on s’attendait plus à une influence marxisante sur ce type de film. Kazan ne fait que rendre hommage à Zapata puisqu’on peut lire sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Emiliano_Zapata l’extrait suivant: « Zapata était en partie influencé par un anarchiste métis originaire de l'Etat d'Oaxaca comme Porfirio Diaz Ricardo Flores Magón. On peut trouver des traces de cette inspiration dans le plan zapatiste de Ayala ou de façon plus évidente dans le slogan zapatiste : « Tierra y libertad » (terre et liberté), ce qui était le titre du plus célèbre des ouvrages de Magón. La rencontre de Zapata avec l'anarchisme se fit par l'intermédiaire d'un instituteur, Otilio Montaño, qui présenta à Zapata le travail de Pierre Kropotkine et Flores Magón à l'époque où Zapata commençait à participer au combat des paysans pour leurs terres. C’est sans doute le scénariste qui n’est autre que Steinbeck lui-même qui amène cette finesse au film. Entre autres thèmes politiques, on sent la volonté de souligner le danger presque inévitable de corruption et de trahison qui guette tout homme animé d’un idéal. Seul Zapata résiste et semble incorruptible. Ce qui lui vaut d’être perçu comme « inhumain » à un moment du film par certains ( la réplique « tu n’es pas un homme » ) La métaphore du cheval blanc accentue cette image qui tente de forcer le trait de lapureté de l’homme et de son inhumanité à force d’être trop humain…une vision doucement pessimiste peut se dégager de ce type de propos. D’un point de vue esthétique, on sent poindre des références cinématographiques à Eisenstein et à son « Viva Mexico » Le film est parfois confus quant au raccourci qu’il commet pour mettre en près de deux heures la vie du révolutionnaire. On lui pardonne parce que finalement il brosse un beau portrait de Zapata bien qu’il pêche parfois par romantisme et joue sur le côté beau gosse ténébreux incarné par Brando.

Intérêt politique : 5/5 Intérêt historique : 5/5 Intérêt esthétique : 4/5 Scénario : 3/5