Le métier d’éditeur est devenu délicat dans un monde en crise comme le notre. Banalité de le dire, mais de le vivre, c’est une autre histoire. Je me lève chaque matin avec ce poids des erreurs accumulées et des combats mesquins que l’ordre social, la vie en société, nous impose. Et ces dispersions et ces difficultés à ne pas aller à l’essentiel. Ceci dit, une journée comme celle-ci a vu fleurir quelques nouveaux projets éditoriaux qui me survivront s’ils arrivent à devenir des livres, si j’ai la force de les mettre au monde. Parce qu’une fois devenu objet, le livre peut tout et son champs du possible est immense. D’où la pulsion vitale qui anime l’éditeur en général. Les forces obscures, la plupart en moi, qui tentent d’éteindre ce brasier ne sont que forces morbides. Parfois la lassitude me prend et le désir de rentrer dans le rang m’étreint. Et que deviendront mes livres et le vent que bouscule le lecteur quand une page cède le pas à la suivante ? D’où le plaisir toujours intact de lancer un projet qui se matérialisera au grès de mes propres forces de le mener à bien. Aujourd’hui par exemple : Il semble que le projet Malcolm X reprenne de la vigueur, les ayants droits m’ont donné leur accord, il ne reste que le contrat à signer. Autre idée, un livre sur le fichage des élèves…en France, c’est un article du Monde qui me donne l’envie de dénoncer ce type de méthode… Voir à ce sujet l’article du Monde : « Le fichier des écoles primaires suscite des inquiétudes avant sa généralisation à la rentrée » (27 juin 2007) ainsi que le site http://www.ldh-toulon.net/spip.php?rubrique106 Et enfin une discussion passionnante sur la dialectique me donne l’envie d’éditer les travaux d’un camarade, DM , sur le sujet. En très bref, il existe une vision d’ordre quasiment religieuse de la dialectique chez des amis marxistes. Je m’explique, ils croient que la dialectique serait dans tout et que le travail du scientifique, du philosophe, ect… et de la débusquer pour faire éclater une vérité somme toute…relative. C’est assez méchant mais ce genre de raisonnement est proche du « dessein intelligent » de certains créationnistes. Sic. Et bien entendu des ennemis peu scrupuleux de ce marxisme, que je qualifierais au mieux de naïf en profite pour détruire la pertinence, je pense, d’une dialectique non dogmatique et nettoyé de ses attributs religieux. Le camarade en question s’en prend assez violemment à Engels et à sa dialectique de la nature, voir à l’Anti-Duhring. J’attends son texte avec impatience et me réjouis de lui tanner le cuir pour qu’il fasse un livre en défense de la dialectique. La véritable, celle qui est méthode et non vérité tombé du ciel. Pour terminer cette journée, où les nuages gorgées de catastrophes s’accumulent mais aussi où sourit l’espoir, je laisse une trace de la tristesse et du soulagement d’avoir rompu avec Agone ce jour…