A propos de la préface aux œuvres complètes de François Rabelais Voilà que je sors de ma bibliothèque ce volume de la Pléiade des Oeuvres complètes de François Rabelais (1955). L’objectif est limpide : lire Rabelais, s’imprégner comme de quelques gouttes d’eau, de son humanisme. Echec. L’édition n’est pas moderne et Rabelais est illisible. Ou alors sous la torture. Je me rabats sur la préface de Jacques Boulenger. C’est délicieux. Rabelais, dans sa jeunesse était l’ami de Pierre Amy. Ce dernier était en relations avec le.célèbre Helléniste Guillaume Budée. Rabelais, par le moyen de son confrère, entre en correspondance avec ce haut personnage. Amy rédigea une préface à une réponse à un traité qui dégradait l’image de la femme, la faisant « être inférieurs à tous égards » aux hommes. Amy réagit en préfaçant le texte « passionnément féministe » de Amaury Bouchard. Querelles politiques d’une étonnante actualité. Rabelais, dans son « Tiers Livre » ne sera pas forcément le plus sympathique à la cause des femmes. Le texte précise que Gargantua et Pantagruel furent des succès populaire car les premiers dans la littérature française à utiliser une langue populaire et un ton oral. Dans ces livres, Rabelais ne « pouvait s’empêcher d’être lui-même : un homme passionné par la vie, c’est-à-dire par les « idées » autant que par les humains.