Vu ce 1er juin, "The Day After" Ce film réalisé pour la télé américaine par Nicholas Meyer étonne par ses contrastes. Deux heures parfaitement symétrique. La première partie: longue et chiante. Mais quelques éléments se mettent en place: on sent la guerre froide ( le film se déroule en 1983, date de sa sortie) sombrer dans la guerre chaude, voir bouillante. Le film montre la vie quotidienne d'américains moyens à Kansas City dans leur banalité et c'est en voix off par la radio et la télé qu'on sent la guerre nucléaire se déclencher étape après étape. Le film aurait pu être beaucoup plus court. Quelques scènes très fortes déjà: deux soeurs se chamaillent alors qu'on entend la radio annoncer le début des hostilités qui vont mener à l'apocalypse nucléaire. Une belle façon de souligner que pris dans nos vies quotidiennes, notre sort nous échappe complétement et en ceci y compris politiquement et historiquement. Glacial. Au milieu du film se produit une attaque nucléaire massive sur les USA, malgré quelques maladresses techniques, j'ai été saisi par un mélange subjugué d'effroi et de beauté esthétique ( sic !) face aux images. C'est d'une force. Il y a là 10 minutes d'anthologie qui arrive presque à la cheville de "La Bombe" de Watkins Ce qui frappe c'est l'usage assez réussi des champignons atomiques qui jettés dans le cadre du paysage américain donne à réfléchir. La deuxième partie est assez gnangnante également: on voit, en gros quasiment les gens mourir sous des tonnes de gravas et de maquillages grotesques. Ca fait parfois penser à la série "V" navet de chez navet. Mais on se retrouve séduit par le pacifisme redoutable de ce film qui fit flipper des centaines de milliers d'américains. D'abord, pas d'antisoviétisme excessif, à vrai dire il est quasi nul alors que, merde, les "rouges" viennent de rayer de la carte les USA. On est même surpris de sentir que la population américaine irradiée jusqu'à la moëlle a tendance renvoyer le président des Etats-Unis et l'URSS dos à dos. Pas de méchants, pas gentils, juste les gens vicitmes de logique de pouvoir et d'hégémonie qui les dépassent. Ce qui se rend ce film difficilement patriotique. On ne va pas se plaindre. A voir en s'armant...de patience.