jeudi 31 mai 2007
Viva Zapata
Par Gilles Martin, jeudi 31 mai 2007 à 22:52 :: General
Viva Zapata de Elia Kazan.
Vu ce film le 29 mai 2007
Film splendide ! On est étonné par l’acuité politique du film.
Brando y est impeccable et y on découvre quelques scènes d’anthologie.
En particulier les derniers discours de Zapata avant de mourir « Un peuple fort n’a pas besoin d’un homme fort ! »
On est droit d’être surpris par les accents plutôt libertaires du film ! A l’époque (1953), on s’attendait plus à une influence marxisante sur ce type de film.
Kazan ne fait que rendre hommage à Zapata puisqu’on peut lire sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Emiliano_Zapata l’extrait suivant: « Zapata était en partie influencé par un anarchiste métis originaire de l'Etat d'Oaxaca comme Porfirio Diaz Ricardo Flores Magón. On peut trouver des traces de cette inspiration dans le plan zapatiste de Ayala ou de façon plus évidente dans le slogan zapatiste : « Tierra y libertad » (terre et liberté), ce qui était le titre du plus célèbre des ouvrages de Magón. La rencontre de Zapata avec l'anarchisme se fit par l'intermédiaire d'un instituteur, Otilio Montaño, qui présenta à Zapata le travail de Pierre Kropotkine et Flores Magón à l'époque où Zapata commençait à participer au combat des paysans pour leurs terres.
C’est sans doute le scénariste qui n’est autre que Steinbeck lui-même qui amène cette finesse au film. Entre autres thèmes politiques, on sent la volonté de souligner le danger presque inévitable de corruption et de trahison qui guette tout homme animé d’un idéal. Seul Zapata résiste et semble incorruptible. Ce qui lui vaut d’être perçu comme « inhumain » à un moment du film par certains ( la réplique « tu n’es pas un homme » ) La métaphore du cheval blanc accentue cette image qui tente de forcer le trait de lapureté de l’homme et de son inhumanité à force d’être trop humain…une vision doucement pessimiste peut se dégager de ce type de propos.
D’un point de vue esthétique, on sent poindre des références cinématographiques à Eisenstein et à son « Viva Mexico »
Le film est parfois confus quant au raccourci qu’il commet pour mettre en près de deux heures la vie du révolutionnaire. On lui pardonne parce que finalement il brosse un beau portrait de Zapata bien qu’il pêche parfois par romantisme et joue sur le côté beau gosse ténébreux incarné par Brando.
Intérêt politique : 5/5
Intérêt historique : 5/5
Intérêt esthétique : 4/5
Scénario : 3/5